Chronique du Commencement

Trois âges d’une seule matière, saisis en un même instant : masse dense à la base, croissance se ramifiant à travers des passages ouverts au-dessus, et au sommet, des branches étirées jusqu’à leur limite, presque libérées. L’arbre vit dans tous ses âges à la fois ; le marbre en dessous lui offre un présent unique et immuable.

Description

Je ne vois pas dans cette racine un instant unique, mais toute une séquence — de la même façon que les cernes d’un tronc racontent toute sa vie, à qui sait où regarder. Je n’ai fait que la dégager : j’ai retiré la masse superflue qui dissimulait les passages entre les strates — et le livre tombé, ouvert d’un coup sur toutes ses pages à la fois, est devenu lisible.

En bas, à la base, le bois est encore dense, presque compact — une forme qui ne s’est pas encore détachée de la masse informe dont elle est née. Plus haut, la masse se dissout en flots : les troncs se séparent, des ouvertures traversantes s’ouvrent entre eux — une croissance saisie au moment même de la division. Et tout en haut, des branches isolées s’étirent loin devant, se devançant l’une l’autre — un mouvement à sa limite extrême, déjà presque arraché au tronc commun. Trois états, trois âges d’une seule et même matière — et aucun ne succède à l’autre : tous se tiennent ici en même temps, comme se tient en même temps tout ce que cette racine a jamais été.

Je ne choisis pas entre la croissance et la mémoire — ici, l’une et l’autre coexistent, repliées l’une dans l’autre si étroitement qu’elles cessent d’être des choses distinctes. Chaque nouvelle strate se déposait sur la précédente sans l’effacer, mais en la préservant — je n’ai fait que veiller à ce que ma sculpture ne trouble pas cette conservation.

J’ai choisi la dalle de marbre comme un seuil entre deux formes de temps. La pierre existe dans un présent unique et immuable — telle qu’elle était il y a une heure, telle elle demeurera dans cent ans, le même marbre. Tandis que l’arbre au-dessus vit dans tous ses âges à la fois, comme si le temps, pour lui, ne suivait pas une ligne droite, mais s’était produit d’un seul coup, en un long instant qui ne s’achève jamais.

Du vide des dalles
Naît le rêve de l’arbre…
Chroniques de l’aube.

Informations complémentaires

Poids 13 kg
Dimensions 46 × 61 × 44 cm
Technique

Sculpture sur bois, polissage manuel, préservation des courbes naturelles

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Sculptures artisanales

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Éco-responsable

Sculpté dans du bois d’olivier issu de sources durables – une matière naturelle récupérée qui, sans cela, aurait été perdue. Aucune finition toxique, aucune production industrielle.